Barbara Herrnstein Smith

Université Duke

Réalités contradictoires : Pratique du relativisme dans l’Anthropocène

Inutile d’avoir l’approbation de ce que les philosophes appellent « réalisme » pour être réaliste sur les changements climatiques. Mais ce qu’il faut, entre autres, c’est une reconnaissance continue à la fois de la multiplicité des réalités – expériences, perceptions, constructions et cosmologies – et de la possibilité de leur irréductible différence. Ainsi, en ce qui concerne les affrontements de convictions et le déni du réchauffement anthropogénique de la planète, nous ferions bien de reconnaître non seulement l’importance des intérêts matériels contradictoires mais aussi l’existence et la puissance toutes particulières des intérêts cognitifs. Les compréhensions constructivistes de la cognition humaine sont ici particulièrement utiles dans la mesure où elles offrent des perspectives conceptuellement sophistiquées et empiriquement fondées sur la formation et la stabilisation de ce que nous appelons (notre) « connaissance » ou (leurs) « croyances ».

Biographie :
Barbara Herrnstein Smith est professeure émérite Braxton Craven de littérature comparée et d’anglais à l’Université Duke. Parmi ses publications, on trouve : Contingencies of Value: Alternative Perspectives for Critical Theory (1988); Belief and Resistance: Dynamics of Contemporary Intellectual Controversy (1997); Scandalous Knowledge: Science, Truth and the Human (2005) et Natural Reflections: Human Cognition at the Nexus of Science and Religion (2010).