Alessandra Ponte

Université de Montréal

Gouverner le climat

En 1778, Jean-Baptiste Moheau, auteur d’une recherche sur la population française, déclare: « Il dépend du gouvernement de changer la température de l’air, et d’améliorer le climat ; un cours donné aux eaux croupissantes, des forêts plantées ou brûlées, des montagnes détruites par le temps ou par la culture continuelle de leur superficie, forment un sol et un climat nouveau ». Michel Foucault cite le texte de Moheau dans l’allocution introductive de son cours Sécurité, territoire, population (1977-78) au Collège de France pour expliquer l’irruption du problème de l’insertion de la ‘naturalité’ de l’espèce humaine dans le milieu artificiel des relations politiques de pouvoir. Entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe, représentations cartographiques et projets utopiques reflètent la préoccupation nouvelle, identifiée par Foucault, d’administrer des milieux. Pour étudier ce changement dans la formation de l’état moderne, Foucault a développé le concept de gouvernementalité. La présentation reprend l’hypothèse de Foucault dans une tentative de redéfinir et de repositionner le débat actuel sur le changement climatique et sa gouvernance.

Biographie :
Alessandra Ponte
est professeur titulaire à l’École d’architecture de l’Université de Montréal. Elle a également enseigné à l’École d’architecture de l’Université de Princeton, à l’Université de Cornell, à l’Institut Pratt, à ETH de Zurich, ainsi qu’à l’Institut Universitaire d’Architecture de Venise. Elle a été professeur adjoint à l’École de design de l’environnement bâti et de l’ingénierie de l’Université de technologie de Queensland (Brisbane, Australie). Elle a enseigné des ateliers en collaboration avec l’AA School London et l’Université catholique de Santiago du Chili et des séminaires à l’Université du Costa Rica. Depuis 2008, elle est responsable de l’organisation et de la conception du Séminaire Phyllis Lambert, événement annuel sur les thèmes du paysage et de l’architecture. Elle a aussi été le commissaire de l’exposition Environnement Total: Montréal 1965-1975 (Centre Canadien d’Architecture, Montréal, août 2009). En outre, elle a collaboré (avec Laurent Stadler et Thomas Weaver) à la préparation de l’exposition et du catalogue God & Co : François Dallegret, Beyond the Bubble (Architectural Association School of Architecture, Londres, novembre-décembre 2011). Elle a récemment publié  une collection d’essais sur les paysages de l’Amérique du Nord intitulé, The House of Light and Entropy (London : AA Publications, 2014). Elle a collaboré aux projets pour le Pavillon canadien d’architecture de la Biennale de Venise en 2014, Arctic Adaptations, et en 2016, Extraction.  De 2013 à 2016, elle a été membre du groupe de recherche Future North dans le cadre d’un partenariat entre l’École de paysage et d’urbanisme AHO (Oslo) et l’Institut de Barents. Elle a récemment été invitée à collaborer à l’un des projets du « Bureau de l’urbanisation » (Graduate School of Design, Université de Harvard) intitulé Paysage comme l’urbanisme dans les Amériques.